La gendarmerie sous l’Occupation

25 mars 2009

La gendarmerie sous l’Occupation entre hagiographie, réquisitoire et recherche

La gendarmerie pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre l’État et la nation, actes de la journée d’études

Paris IV-SNHPG-, Force publique, n° 2, février 2007, 232 p.

Camp de Drancy, été 1942 : des gendarmes maltraitent et spolient des Français et des étrangers de confession juive. Tence (Haute-Loire), automne 1943 : le commandant de la brigade de gendarmerie néglige d’enquêter sérieusement sur la présence d’enfants juifs au Chambon-sur-Lignon, la montagne protestante qui héberge des centaines de 3400 réfugiés. Prison de Rennes, décembre 1943 : torturé quotidiennement par les Allemands, le chef d’escadron Maurice Guillaudot, commandant de la gendarmerie du Morbihan et chef de l’Armée secrète de ce département, ne parle pas. Buchenwald, 28 janvier 1945 : le lieutenant Keller meurt, loin de sa section de Saint-Girons (Ariège), où il favorisait la résistance au STO et le passage vers l’Espagne et.

Ne retenir que l’une de ces scènes trahit la vérité. Les juxtaposer respecte la réalité, sans, pour autant, totalement l’éclairer. Faut-il s’en étonner quand on sait la complexité du destin de la gendarmerie et des ses personnels pendant les dramatiques années de l’Occupation[1] ? Les exigences du vainqueur et la séparation du pays en plusieurs zones menacent l’existence même d’une force présentée, depuis l’ordonnance organique de 1820, comme « l’une des parties intégrantes de l’armée ». Si la gendarmerie départementale conserve son réseau, malgré les projets allemands, son équipement est limité, tandis que la garde républicaine mobile disparaît en tant que formation spécifique de l’arme. Dissoute en zone occupée, elle est rattachée, en zone libre, à la direction de la cavalerie, sous le simple nom de Garde, ramenée à 6000 hommes contre un effectif initial de 21 000.

La gendarmerie porte aussi l’empreinte du nouveau régime. Dans les mois qui suivent la défaite, les gendarmes francs-maçons et juifs sont écartés, tandis que les autres sont obligés de prêter serment au chef de l’État, qui se dote, par ailleurs, d’une Garde personnelle, organisée au sein de l’arme. Au delà de ces mesures symboliques, les responsables de Vichy s’efforcent d’accroître la tutelle des pouvoirs politiques et civils sur l’institution au mépris de son fonctionnement traditionnel. Le 2 juin 1942, après son retour, Laval la place sous l’autorité directe du chef du gouvernement. À partir de janvier 1944, Joseph Darnand, le nouveau secrétaire général au maintien de l’ordre, multiplie les initiatives pour diriger et contrôler directement ses activités. Les nouvelles tâches imposées aux gendarmes les placent au service de l’occupant, de la Révolution nationale et de la collaboration. Ils doivent faire respecter la réglementation contraignante élaborée par les Allemands en matière de déplacement, et participer aux enquêtes et aux opérations de police qu’ils ordonnent. Ils interviennent à tous les niveaux dans la mise en œuvre des mesures discriminatoires à l’égard des Français et des étrangers de confession juive ou des Tziganes, depuis les contrôles quotidiens jusqu’à la déportation. Au nom de la nouvelle légalité, encore, ils concourent à l’organisation du Service du travail obligatoire, institué le 16 février 1943. Enfin, ils sont associés, sur plusieurs registres, à la lutte contre la Résistance, du renseignement sur la propagande anticollaborationniste aux engagements contre les maquis en passant par les enquêtes de police, la participation aux tribunaux d’exception et, contrairement à la réglementation de l’arme, les pelotons d’exécution.

«  Courber l’échine et accepter sans sourciller d’accomplir les besognes les plus vile… ou résister et être automatiquement sacrifié »[2]

Comment connaître les réactions des gendarmes devant le contexte de l’occupation et leurs nouvelles missions ? En remplaçant les images par des chiffres ? Ceux des militaires concernés, d’abord, qui se répartissent alors, en métropole, entre la gendarmerie départementale (environ 40 000 hommes), la Garde personnelle du chef de l’État (460), la Garde de Paris (2800), héritière de la Garde républicaine de Paris, et – bien qu’elle soit officiellement détachée de la gendarmerie – la Garde (6000)[3]. Parmi ces 49 000 gendarmes environ, quel historien ne rêverait pas de recenser les collaborateurs et les résistants ? De remplacer par des catégories identifiées et mesurées les sempiternels florilèges des actes abjects ou méritants ? Décevons tout de suite le lecteur : sauf à répéter les estimations fantaisistes avancées çà et là, il n’est pas possible, aujourd’hui, de procéder à ce classement global. Le pourra-t-on un jour, quand on sait que la question précédente, très séduisante dans sa simplicité, est, en fait, très mal posée. Depuis longtemps, les historiens de la France de Vichy[4] ont montré la complexité des attitudes qui se déclinent, se juxtaposent, se succèdent même, car l’éclairage diachronique est ici indispensable, sous les notions générales d’attentisme, de maréchalisme, de collaboration et de résistance. Il en est des gendarmes comme des autres Français, et notamment des fonctionnaires : leurs attitudes s’échelonnent entre l’approbation, l’obéissance, l’attentisme et le refus.

Plusieurs facteurs favorisent la soumission de certains gendarmes aux ordres de l’occupant et de Vichy : l’atavisme disciplinaire (renforcé par le serment prêté), l’absence de réserve officielle de la hiérarchie, le climat général de suspicion, la peur de perdre un métier et un logement, parfois indispensables à l’entretien d’une famille, l’adhésion, enfin, à la Révolution nationale et à la collaboration. D’autres motivations inspirent des réticences ou une opposition radicale : le mécontentement devant les tentatives d’asservissement de l’arme, une autre interprétation de l’honneur militaire, des réflexes républicains ou humanitaires, la conscience de l’hostilité de la population à l’égard de certaines missions répressives, comme la lutte contre les réfractaires au STO. L’opposition à l’Occupant et à la politique de Vichy prend trois formes. Le choix de la résistance passive frappe le gendarme de nombreux maux : il ne voit plus, n’entend plus et ne parle plus – sauf pour prévenir les personnes menacées – malgré les risques de sanctions disciplinaires. La résistance active le conduit à fournir des renseignements, organiser des filières d’évasion, protéger les parachutages, camoufler des armes, bref à aider les réseaux de résistants, voire à s’y engager ou à en créer. Au stade ultime, des hommes menacés en raison de leurs actions antérieures ou pressés d’agir davantage passent dans le maquis[5].

L’intervention d’autres paramètres complique un peu plus la compréhension du phénomène, car les réactions et les attitudes varient, non seulement en fonction des individus, donc de leur personnalité et de leur histoire, mais aussi du lieu (jusqu’en novembre 1942, l’esprit du corps diffère d’une zone à l’autre) et du moment. Le durcissement de Vichy, l’invasion de la zone libre, l’avance des Alliés, pèsent sur les motivations et les comportements. C’est dire que l’opposition, même prudente, à Vichy et à l’occupant n’a pas le même sens au lendemain de la défaite à la fin de 1940, après le retour de Laval au printemps 1942, l’institution du très impopulaire STO en février 1943, la tentative de mise en tutelle de l’arme par Joseph Darnand à partir de janvier de 1944 ou, surtout, le débarquement en Normandie. La référence précise à la chronologie est d’autant plus importante que de nombreux militaires de la gendarmerie désertent à partir des 8 et 9 juin, lorsque Vichy ordonne le regroupement des brigades au chef-lieu du département en réponse au débarquement, puis participent aux combats de la Libération. Moment exceptionnel où la France « se réveilla résistante », selon la formule de Marc-Olivier Baruch[6]. Mais les désertions des gendarmes dans ce contexte particulier doivent-elles être considérées a priori comme une preuve complémentaire d’une action résistante antérieure ? Non, bien sûr, et Bernard Mouraz a raison d’inviter à « ne pas confondre les semaines de l’été 1944 avec les années de l’Occupation »[7].

Deux ensembles de chiffres évitent de rentrer totalement bredouille des investigations menées au niveau national. D’après des archives de la direction générale et la bibliographie, les pertes de la gendarmerie entre 1939 et 1945 ont été estimées, « très prudemment » à 1250 à 1350 hommes. Ce total rassemble les gendarmes tués pendant les campagnes de 1939-1940 (300 à 400) et de 1944-1945 (60 à 100), pendant des opérations de maintien de l’ordre, y compris contre des résistants (200 à 300), ou des bombardements (une centaine) et les gendarmes tués directement par l’occupant (de 330 à 430, dont plus de 140 fusillés) ou morts en déportation (250 environ)[8]. Les autres chiffres se rapportent à l’épuration de l’arme, dont 20% des officiers, d’après les travaux précurseurs de Marc Bergère sur les dossiers d’épuration administrative, sont inquiétés ou sanctionnés, et près de 15%, rayés des cadres. L’épuration a plus frappé les chefs que les subordonnés. Globalement, les dossiers administratifs concernent 33% des officiers supérieurs, 20% des capitaines et 12,5% des lieutenants et des sous-lieutenants. Pour la seule quatrième légion (Angers), 5,5% des gendarmes sont soumis à une enquête, contre 25% des officiers [9]. Plus de 1 300 gendarmes déportés, 600 à 700 tués par l’ennemi en dehors des champs de bataille (autant que les policiers civils pour un effectif très inférieur) et une vraie purge, comparable à celle de l’administration préfectorale et plus forte que celle de la Préfecture de police (20% d’inquiétés, mais 8,5% de sanctionnés)[10]. Trois indices précieux, jusque dans leurs limites, puisque ces observations globales incitent à poursuivre l’enquête.

Nouvelles questions, nouvelles approches

À première vue, l’abondante bibliographie disponible a de quoi satisfaire toutes les curiosités. Mais qu’en reste-t-il si l’on retire de la liste les innombrables publications corporatives et les autres travaux, soit érudits - donc utiles - soit très rapides, sur les grandes figures héroïques[11] ou des événements généralement glorieux[12] ? Peu, très peu, de textes de référence à proprement parler. Rédigées par des anciens officiers, les rares ouvrages panoramiques[13], et à ce titre précieux, offrent essentiellement des repères commodes et des exemples intéressants. Du côté de la production universitaire, en revanche, la moisson est longtemps restée mince : les chercheurs ne se souciaient pas plus de la Gendarmerie entre 1939 et 1945, qu’ils ne s’intéressaient à son organisation, son action et son image à d’autres époques[14]. Depuis quelques années, heureusement, cette situation s’est progressivement modifiée. Des articles ou des développements particuliers dans certains ouvrages montrent que des spécialistes de la Seconde Guerre mondiale et de l’Occupation étendent leurs investigations à la situation et à l’action des gendarmes, notamment à la faveur d’un nouvel intérêt pour l’histoire de la Shoah ou de l’Épuration[15]. En sept ans, quinze travaux universitaires, au moins, ont été réalisés sur ce thème[16], tandis que d’autres – dont six thèses[17] – sont en cours de préparation. Et parmi les dernières publications de l’arme sur le sujet, trois travaux témoignent des fruits de la collaboration avec l’université et d’un désir plus général de ne plus s’enfermer dans un regard toujours complaisant[18]. En 1993, son propre directeur général, Jean-Pierre Dintilhac, ne prescrivait-il pas, avant de rappeler aussi les actes de résistance, de « reconnaître les souffrances que la gendarmerie, comme d’autres services de l’État, a pu occasionner, volontairement parfois, involontairement le plus souvent, à toutes les victimes innocentes, combattants de l’ombre, déportés pour des motifs politiques ou raciaux, requis par le STO »[19]. Cette volonté d’assumer la face sombre d’un passé encore proche est d’autant plus louable que la veine hagiographique continue de faire recette, en nuisant peut-être plus à l’institution qu’elle ne la sert[20].

Résister à la tentation de décerner des lauriers ou des anathèmes : la tâche est moins simple qu’elle le paraît quand le discours théorique cède la place à l’étude des sources et des faits. Pourquoi l’historien échapperait-il plus que d’autres à l’émotion en découvrant des gendarmes héroïques ou ignobles ? C’est pourtant son devoir s’il prétend rester sur la piste étroite qui chemine entre l’ego-histoire traditionnelle de l’arme et le discours longtemps accusateur de la littérature, du cinéma et des médias. Mieux connaître et mieux comprendre sans a priori la place et l’action de la gendarmerie entre 1939 et 1945, c’est là l’objectif des recherches récentes ou en cours, notamment au sein du séminaire Gendarmerie, identité nationale, régulation sociale et Défense (XIXe-XXe siècles) de l’Université Paris IV. En raison de leur fécondité, deux orientations de ces travaux méritent d’être évoquées ici.

Le détour monographique fouillé constitue le meilleur moyen pour dépasser les appréciations hâtives ou les catalogues d’exemples stériles[21],. On ne le répètera jamais assez : les comportements des gendarmes au cours de la Seconde Guerre mondiale doivent être contextualisés, donc étudiés dans le cadre d’un territoire et d’une unité administrative donnés (la section ou la compagnie), rattachés à un esprit de corps comme à des pratiques professionnelles et replacés dans une temporalité élargie. Seule cette approche ambitieuse pourra vraiment renouveler les problématiques et les investigations. Elle autorise des typologies, des chronologies et des évaluations mieux fondées, puisque rapportées à une communauté particulière. Au delà des attitudes, elle offre la possibilité de reconstituer les profils socioprofessionnels, relationnels, familiaux et parfois politiques des individus[22] qui choisissent l’attentisme ou l’adhésion, la résistance passive ou la désertion. Enfin, elle réintroduit parfaitement la dimension temporelle en permettant d’esquisser des trajectoires individuelles pendant l’Occupation, avec peut-être des évolutions voire des retournements, puis de les prolonger, en aval, après la Libération, mais aussi en amont, parfois depuis la Grande Guerre. À titre d’hypothèse, on peut estimer que la formation, la carrière et le travail d’un gendarme avant 1939 n’est pas sans influencer son comportement pendant l’Occupation et à la Libération.

D’autres élargissements, chronologiques, thématiques, géographiques[23], déplacent le regard au delà du noyau dur – le mieux balisé – des missions de police administrative et judiciaire de la gendarmerie à propos de l’application des mesures discriminatoires ou de la lutte contre le marché noir, le refus du STO et la Résistance. Les premiers coups de projecteur innovants ont été donnés aux deux extrémités de la période, par exemple sur le rôle de l’arme au moment de l’exode, sa contribution au rétablissement de la légalité républicaine à partir de l’été 1944 ou son malaise sous le choc de l’Épuration. Quelques rares pionniers ont préféré s’aventurer sur le vaste territoire oublié des fonctions militaires des gendarmes en étudiant notamment la militarisation de la garde républicaine mobile à partir de 1935 et sa participation aux combats, la contribution des brigades à la mobilisation, au renseignement et à l’action des forces combattantes (y compris après le débarquement), les missions multiples des prévôtés ou l’action des unités combattantes, comme les escadrons de la Garde engagés dans la campagne de Tunisie à partir de novembre 1942. Ce dernier exemple témoigne d’une autre curiosité qui a déplacé les investigations hors de la métropole, et, pour le moment, vers la gendarmerie d’Afrique du Nord et celle du Levant. Enfin, l’image de l’arme et de ses personnels constitue un autre nouveau champ d’étude, qui est appelé à se développer en raison de l’intérêt porté au travail de mémoire.

Cette vitalité justifiait de rassembler quelques spécialistes et de faire connaître par une publication les résultats de certains travaux récents. Cette journée d’étude du 26 octobre 2006 est le fruit de la collaboration entre la Société nationale Histoire et patrimoine de la gendarmerie et l’Université Paris IV-Sorbonne[24], avec l’aide du Département Gendarmerie du Service historique de la Défense (SHD). Elle illustre la volonté de l’institution gendarmique de conserver des relations de travail avec les historiens du monde de l’Univerité et de la recherche, comme le souci d’ouverture qui préside à cette collaboration. L’histoire de la gendarmerie ne continuera de progresser que si les travaux se multiplient dans des lieux différents. Il faut donc se réjouir de la présence, parmi les membres du comité scientifique de cette manifestation, les présidents de séance, les participants à la table ronde et les intervenants, de représentants de six universités étrangères, cinq universités de province et cinq universités ou grands établissements de la capitale[25]. Quelques anciens membres de la gendarmerie (les généraux Louis Beaudonnet, Louis Dumont et René Omnès) sont aussi venus parler de leur expérience de jeunes sous-officiers ou officiers au cours des tables rondes et des débats. Aux trois extraits reproduits dans ce volume, on a jugé utile d’ajouter une liste de témoignages écrits inédits et de témoignages oraux sur les années 1939-1945 disponibles au Département Gendarmerie du SHD.

*       *       *

Lorsque Lucien Febvre réfléchissait, en 1947, au comportement de certains agents de la fonction publique, il ne distinguait pas les gendarmes parmi les officiers, alors que son raisonnement les concernait particulièrement : « Différences à faire entre fonctionnaires. Les uns (professeurs) servent Nation ; les autres (préfets) servent État ; d’autres (officiers) servent à la fois Nation [et] État, d’où drames de conscience »[26]. Ce n’est pas un hasard si cette analyse est formulée peu après la fin du régime de Vichy, observatoire privilégié de l’histoire de l’État, de ses rouages et de ses relations avec la population. Bras armé de la puissance publique, la gendarmerie joue une rôle important dans cette histoire, en période normale comme pendant les crises, qui éclairent son organisation, son efficacité, ses limites. Le contexte exceptionnel des années 1939-1945 a généré des contradictions entre les trois grandes missions qu’elle assume depuis sa conversion à la République à partir de la fin du XIXe siècle[27] : garder l’État, contribuer à la défense de la nation, contrôler et protéger le citoyen. On espère que les travaux récents et les témoignages rassemblés dans cette publication aideront à comprendre ces contradictions et la réponse plurielle des gendarmes en fonction sous l’Occupation.

Jean-Noël Luc

Professeur à la Sorbonne


[1] On trouvera plusieurs références dans la suite de ces notes et, plus encore, dans la bibliographie de ces actes. Le résumé présenté ici est très largement inspiré par deux bons panoramas récents sur cette histoire : le chapitre «  La gendarmerie sous l’Occupation », dans Pascal Brouillet (dir.), De la maréchaussée à la gendarmerie. Histoire et patrimoine, Maisons-Alfort , SHGN, 2003, pp. 113-129, et Bernard Mouraz, « La gendarmerie, de la guerre à la Libération », dans Bernard Mouraz (dir.), Gendarmes résistants. Du refus aux combats de la Libération, 1940-1945, Paris, SHD, pp. 15-39 (où l’on trouve aussi des cartes de la répartition des légions de gendarmerie départementale en 1940 et 1943).

[2] Rapport du 8 janvier 1942 du chef d’escadron Maurice Guillaudot.

[3] Sur les statistiques de l’arme entre 1939 et 1946, voir Jean-Noël Luc (dir.), Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie. Guide de recherches, Maisons-Alfort, SHGN, 2005, p. 250. Un tableau de l’état-major des armées daté du 16 mars 1946 avance les effectifs suivants : 37 000 pour la gendarmerie départementale, 3700 pour la gendarmerie d’Afrique, 1200 pour la gendarmerie coloniale et 11 000 pour la gendarmerie en Allemagne et en Autriche.

[4] Pour ne pas allonger les références de cette introduction, on ne renverra pas, en notes, sauf exception, aux travaux français ou étrangers bien connus qui ont renouvelé l’histoire de la France – et des Français – sous Vichy.

[5] Cette typologie est empruntée à Pascal Brouillet (dir.), op. cit., pp. 123-127.

[6] Marc-Olivier Baruch, Servir l’État français. L’administration en France de 1940 à 1944, Paris, Fayard, 1997, p. 427.

[7] Bernard Mouraz, « La gendarmerie, de la guerre à la Libération », op. cit., p. 33.

[8] Id., « Les pertes de la gendarmerie pendant la Deuxième Guerre mondiale », dans J.-N. Luc (dir.), op. cit., p. 104 sq.

[9] Marc Bergère, « Pratiques et bilan de l’épuration administrative des officiers de gendarmerie à la Libération », dans Jean-Noël Luc (dir.), Gendarmerie et gendarmes du XXe siècle, colloque de la Sorbonne, juin 2003, à paraître, et « La crise d’identité de la gendarmerie à la Libération : l’exemple de la quatrième légion », RGN, hors série histoire n° 3, 3e trimestre 2002, La gendarmerie, de l’entre-deux-guerres aux années soixante,  sous la dir. d’Édouard Ebel, pp. 65-72.

[10] Jean-Marc Berlière, « L’épuration dans la police », dans Le rétablissement de la légalité républicaine (1944), Bruxelles, Complexe, 1996.

[11] À titre d’exemple, on citera Colette Couvreur et DESCAMPS Pierre Descamps, Vie et mort du chef d’escadron Descamps, héros et martyr de la Résistance française, Toulouse, Privat, 1968, 172 p. ; Charles Gilbert, Soldats bleus dans l’ombre. Maurice Guillaudot et ses gendarmes dans la Résistance, Les Sables d’Olonne, Éditions Le Cercle d’Or, 1977, 173 p. ; Patrick de Gmeline, Le lieutenant-colonel Jean Vérines, gendarme, garde républicain, soldat de l’ombre, d’après le témoignage, les documents et les archives du colonel (c.r.) Guy Vérines, Paris, Charles-Lavauzelle, 1985, 136 p.

[12] Par exemple : Jean-Paul Lefebvre-Filleau, Gendarmes FFI. de l’Île-de-France, chronique d’une libération, préface du général de gendarmerie Henri Bagnouls, Luneray, Bertout, 1994, 205 p. ; Jack Vivier, Gendarmes de Touraine dans la Résistance, Chambray-les-Tours, Éditions CLD, 1998, 95 p.

[13] Par exemple, par ordre chronologique : Henri Longuechaud (colonel), Conformément à l’ordre de nos chefs, le drame des forces de l’ordre pendant l’Occupation, 1940-1944, préface de Jean d’Escrienne, Paris, Plon, 1985, 323 p., Louis Larrieu (général), Le drame de la gendarmerie sous l’occupation allemande, Toulouse, Privat, 1952, 39 p., Claude Cazals (colonel), dont les ouvrages sont les mieux documentés, La gendarmerie sous l’Occupation, préface du général Pierre-Charles Sérignan, Paris, Éditions de la Musse, 1994, 320 p.

[14] Jean-Noël Luc (dir.), Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie. Guide de recherches, Maisons-Alfort, SHGN, 2005, pp. 22 sq.

[15] Sans prétendre à l’exhaustivité, on citera ici, par ordre chronologique : Maurice Rajfus , Drancy, un camp de concentration très ordinaire, 1941-1944, Paris, Manya, 1991, 2e éd. Le Cherche-Midi, 1996, 410 p. ; Fabrice Virgili, La France « virile ». Des femmes tondues à la Libération, Paris, Payot, 2000, 392 pp. ; Denis Peschanski, La France des camps : l’internement, 1938-1946, Paris, Gallimard, 2002, 456 p. ; François Boulet, « Préfets et gendarmes face aux montagnes-refuges, des Cévennes au Vercors (1940-1944), dans Patrick Cabanel et Laurent Gervereau, La Deuxième Guerre mondiale, des terres de refuge aux musées, Sivom Vivarais-Lignon, 2003, pp. 153-205 ; Eric Alary, La ligne de démarcation, 1940-1944, Paris, Perrin, 2003, 429 p. ; Marc Bergère, Épuration vécue et perçue en Maine-et-Loire de la Libération au début des années 50, Rennes, PUR, 2004, 424 p. ; Jean-François Nativité, « La gendarmerie sous l’Occupation : le piège d’un engagement légaliste », dans Danielle Domergue-Cloarec (dir.), Le soldat volontaire en Europe au XXe siècle, de l’engagement politique à l’engagement professionnel, actes du colloque de l’ESID, 2003, à paraître.

[16] Sur ces 15 travaux, 3 ont été réalisés à Montpellier III, 1 à Tours, 1 à l’IEP de Paris, 1 à Paris I et 9 à Paris IV. Deux thèses soutenues portent totalement ou indirectement sur le sujet : Benoît Haberbusch, La gendarmerie en Algérie, de 1939 à 1945 (Paris IV, 2003), Maisons-Alfort, SHGN, 2004, 590 p. et Yann Galera, Le képi et le crayon. Les gendarmes à travers l’imaginaire collectif, 1914-1968, (Paris IV, 2003), à paraître.

[17] Olivier Buchbinder, La gendarmerie et le rétablissement de la légalité républicaine de 1944 à 1947 (Paris IV), Emmanuel Chevet, Gendarmerie et maquis en France sous l’Occupation (Dijon), Jonas Campion, Le rétablissement de la légalité policière après la Seconde Guerre mondiale : la gendarmerie belge, la gendarmerie française et la Koninklijke maréchaussée hollandaise (université catholique de Louvain et Paris IV), Hélène Grandemange, La gendarmerie au Levant pendant le mandat français, 1918-1946 (Paris IV), Jean-François Nativité, La Gendarmerie sous l’Occupation dans les départements pyrénéens (Montpellier III), Aziz Saït, Les prévôtés, de la drôle de guerre à l’étrange défaite, 1939-1940 (Paris IV).

[18] Pascal Brouillet (dir.), op. cit. ; Édouard Ebel (dir.), La Gendarmerie, de l’entre-deux-guerres aux années 1960, hors-série Histoire n° 3, RGN, 2002 et Bernard Mouraz (dir.), Gendarmes résistants.., op. cit. (où l’introduction de B. Mouraz et la conclusion d’É. Ebel élargissent un peu la perspective).

[19] Jean-Pierre Dintilhac, « Les gendarmes dans la Résistance », RHA, n° 2, 1993, p. 5.

[20] L’ouvrage de Pierre Accoce (Les gendarmes dans la Résistance, Paris, Presses de la Cité 2001,348 p.) estime à 12 000 le nombre  de gendarmes engagés dans « les combats de l’ombre » ( ?).

[21] Voir les travaux cités en bibliographie, dont certains s’inscrivent parfaitement dans cette nouvelle perspective.

[22] Une publication collective déjà ancienne souligne l’intérêt de situer socialement les individus au-delà de leurs actes : Pour une histoire sociale de la  Résistance, n° 180, juillet-septembre 1997, Le Mouvement social.

[23] Pour ne pas allonger les notes de cette introduction, on ne citera les travaux évoqués dans ce paragraphe, et qui figurent tous dans la bibliographie jointe à ce numéro.

[24] L’opération a été organisée et financée en collaboration avec l’École doctorale Histoire moderne et contemporaine de Paris IV et le Centre d’histoire du XIXe siècle (Paris I-Paris IV). Elle a bénéficiée d’une subvention du ministère de la Recherche.

[25] Le comité scientifique, les présidences de séance et les tables rondes ont rassemblé les professeurs et les directeurs de recherche suivants :

Alain Bancaud (IHTP-CNRS)

Marc Bergère (Rennes II)

Michelle Cointet (Tours)

Laurent Douzou (Lyon II)

Clive Emsley (Open university, Londres)

Jacques Frémeaux (Paris IV)

Jean-charles Jauffret (IEP Aix-Marseille)

Klaus-Jürgen Muller (Berlin),

Xavier Rousseaux (Université Louvain-La-Neuve)

Jacqueline Sainclivier, (Rennes II)

Olivier Gohin (Paris II)

Guillaume Picketty (IEP Paris)

[26] Lucien Febvre, Honneur et patrie, Paris, Perrin, 1996, p. 211.

[27] Arnaud-Dominique Houte, Le métier de gendarme national au XIXe siècle. Pratiques professionnelles, esprit de corps et insertion sociale, de la Monarchie de Juillet à la Grande Guerre, doctorat sous la dir. de J.-N. Luc et de J.-M. Berlière, Paris IV, 2006, 978 p.

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